Je viens vers toi

par · juin 6, 2012

Je viens vers toi

 

Mes premières expériences spirituelles ont eu lieu dans mon enfance. Je ne me souviens hélas pas de grand chose de cette période. Juste ces expériences étranges. J’avais une forme d’autisme. Ma conscience n’était pas claire. Plus tard, peu avant l’adolescence, j’eus envie non plus d’être l’esclave de cette conscience capricieuse mais de la dompter, de la comprendre, de l’épouser, de l’aimer et de la maîtriser. A travers elle, j’ai voulu comprendre le Mystère de l’Etre Humain : qui sommes-nous et d’où venons nous ?

Mais d’abord, j’avais besoin de m’ancrer et de trouver des bases solides pour ne plus me laisser happer par la fantaisie. Je devais revenir dans la réalité physique, y jeter l’ancre  et ne plus la lâcher. Je commençais ainsi mes expériences. J’avais à présent soif de comprendre. Cette soif ne s’est jamais tarie !

 

Je compris rapidement que le seul changement vrai était celui à l’intérieur de soi. Tout le reste n’est qu’effleurement de la véritable nature du problème. Je vérifiais mes intuitions dans la réalité matérielle, dans mes rapports aux objets et aux gens. Mais j’avais besoin d’aller plus loin.

 

C’est ainsi que, vers 16 ans, je découvris par des lectures, l’ostéopathie. Je trouvais cette science extrêmement mécaniste et pourtant très subtile, parmi les plus difficiles à maîtriser. Ces gens semblaient connaître le corps mieux que personne. Je décidais donc de poursuivre ces études. Et en effet, ce fût rude.

 

Lorsque j’ouvris mon cabinet, je fus complet au bout de 6 mois. Mon planning débordait mais j’avançais à présent à grand pas dans la compréhension de soi. J’avais maintenant la possibilité d’explorer à une grande échelle et de disséquer les mécanismes inhérents à la nature humaine. Mon champ d’expérience prenait de l’ampleur.

 

A coté de ces études, je n’ai cessé de sonder mon esprit. En moi, brûlait un feu qui ne me donnait aucun répit. Je voulais comprendre. J’avais l’impression que ma vie en dépendait.

 

Parmi toutes mes découvertes, je compris que la guérison ressemblait à un cheminement spirituel et que chacun avait droit à cette expérience personnelle et qu’aucun thérapeute n’avait le droit de la lui voler.

 

Puis j’ai rencontré ma femme. Nous avons eu deux enfants. Depuis notre rencontre, sa santé décline. Ses migraines sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus fortes. Toute vie sociale est devenue impossible. Travailler est relégué au rang de rêve. Intuitivement, je sais qu’elle doit changer, mais je ne force rien. Je ne dis rien. Je reste un observateur comme j’ai su le faire pendant des années. Je ne veux pas m’immiscer dans son chemin de guérison. Il est le sien. Il est personnel.

 

Je l’orientais quelque peu, mais je ne m’étais jamais investi réellement. Je voulais qu’elle fasse elle même l’effort pour changer et je ne voulais pas interférer dans son cheminement.

Après une période orageuse où elle me reprochait de ne pas être là pour elle, de ne pas l’aider dans ses problèmes, alors que j’aidais des centaines de personnes par ailleurs, je pris conscience que si elle faisait partie de ma vie, j’en étais dans un sens également responsable, que je le veuille ou non. J’ai réalisé que notre relation m’impliquait inévitablement et qu’elle était une partie de moi. En cela, j’étais responsable d’elle, en partie, mais de notre relation essentiellement. Je me leurrai donc lorsque je faisais l’anguille pour ne pas l’influencer.

 

Rétrospectivement, depuis des années, grâce à elle, mes recherches avaient leurs motivations. Sa maladie, quelque part, me stimulait. Ainsi, bon nombre de mes découvertes, je les dois à elle. Et cela a influencé totalement ma pratique. Je n’ai jamais baissé les bras, même si voir souffrir sa compagne et rester impuissant est profondément blessant, qui plus est lorsqu’on est soi-même thérapeute aux résultats étonnants, mais totalement inefficaces sur celle qu’on aime.

 

Je voulais comprendre, savoir pourquoi tous les spécialistes que nous avions consultés ne trouvaient rien. Pourquoi, moi-même étais-je arrivé à un constat d’échec? J’avais d’abord pensé qu’il s’agissait d’un problème médical et que, visiblement, cela ne concernait plus l’ostéopathie ou une quelconque approche holistique. Mais la médecine n’était pas plus avancée. Et c’était le cas pour des milliers d’individus qui souffrent sans qu’aucun thérapeute ne puisse trouver de solutions.

 

Dans mes réflexions, je compris alors qu’il était temps que j’aille véritablement à la rencontre de mon épouse. Sa maladie l’avait emmenée à un tournant de sa vie, où elle se devait d’effectuer des transformations profondes en elle pour changer le cours des choses. Il m’apparaissait que ses migraines n’étaient ni plus ni moins le reflet d’une crise qui avait lieu bien plus en profondeur qu’elle ne l’imaginait. Je la voyais se dépêtrer dans les méandres de son être, alors que moi, j’avais acquis une maîtrise des outils nécessaire aux changements. Je voulais désormais l’aider et lui donner des outils, mais pour cela, je devais me dévoiler et lui expliquer comment j’en étais arrivé là. Il était temps pour elle de vivre une révolution spirituelle, de devenir responsable, et pour moi, d’ouvrir mon esprit sincèrement, sans retenue.

 

J’ai toujours gardé tout cela secret. Les maîtres yogis, les sages et les érudits prônaient le silence sur les expériences internes de l’élève. Ne rien dire, cela était naturel pour moi. Ma nature autistique est quelque part toujours présente. Cependant son appel à l’aide était urgent. Je décidais de réagir. J’allais devoir lutter contre mon propre confort et cesser d’être ce mystérieux personnage que j’avais créé et qui m’avait aidé à sortir de cet autisme.

A présent, je vais à ta rencontre. Je viens vers toi.

Rubrique: Leçons de Vie

Titre9 Commentaires

  1. Cécile dit :

    Je découvre vos blogs ce soir et votre parcours. Je suis moi-même sophrologue et je travaille beaucoup avec le tarot…
    Bonne continuation à vous

  2. Sandrine dit :

    L’apprentissage est souvent long, mais les tarots apportent souvent des réponses que nous avons du mal à trouver tout seul.
    Lequel utilisez vous ?

  3. Cécile dit :

    Pour ma part j’en utilise plusieurs, mais en ce moment c’est le tarot de Wilde. OU alors le tarot du chercheur de vérité.
    Voilà

    • Wladislas dit :

      Je n’utilise que le Tarot de Marseille. Un jour, je me pencherai sur d’autres, mais je dois avouer que j’ai d’autres outils.

      Le Tarot me permet de retrouver des histoires perdues, de retracer certaines origines de nos maladies. Je ne le fais pas avec tout le monde, parce que peu comprennent cet outil. Pour beaucoup, cela est mal vu, et comme pour la plupart des gens, ce n’est que lorsqu’il semble ne plus y avoir aucune autre alternative qu’on tente de nouvelles voies d’exploration. Le Tarot en est une. Surprenant même. Mais cela dépend du praticien, bien entendu.

      Je suis très cartésien et quand on étudie avec rigueur un pareil outil, on reste sans voix. Il répond à tellement de questions restées sans réponse qu’il en est fabuleux. J’invite beaucoup à l’étudier parce qu’il nous montre notre aspect inconscient de manière flagrante.

      Le problème avec l’inconscient, c’est qu’on a le risque de l’interprétation, mais avec un peu de pratique, on comprend son mode de fonctionnement et on est plus à l’aise et plus précis.

      Je vais me renseigner un peu sur vos Tarots, ça m’intéresse 😉

  4. Sandrine dit :

    Le tarot de Marseille est fascinant…lorsque je fixe l’image, elle s’anime soudainement et je me laisse échapper dans cette autre dimension pour vivre un instant de vie.
    En effet lorsqu’il s’agit de questions pour nous même , on a tendance à interpréter ce que l’on aimerait entendre…ça j’avoue c’est un peu compliqué…
    @bientôt

  5. Cecile dit :

    Le tarot de wirth est dit ésotérique, de part ses couleurs et ses symboles moyenageux.. Celui du chercheur de vvérité est aussi un marseille revisité.

  6. Julie dit :

    Magnifique, votre témoignage. Merci.
    L’impuissance ressentie à la mesure de la proximité affective.
    L’étau de la migraine serre le feu dans la marmite.
    Le tarot des lettres hébraïques est intéressant,aussi.

  7. lba dit :

    bonjour en passant sur votre blog je tombe sur votre post, qui m’interpelle : en effet moi aussi j’ai de fréquentes migraines depuis que nous habitons ici (dahlenheim) seul mon medecin osthéopathe arrive a me les soulager. Cette semaine ils ont traité les vignes, et 4 personnes dans le village ou avoisinant m’ont dit avoir eu des migraines..que pensez vous d’explorer cette piste?
    pour info,mon medecin m’a dit que Servan Schreiber etait convaincu que son cancer etait du a son enfance dans le bordelais mais n’a pas eu le temps de reunir tout un dossier.
    Bravo pour votre blog,

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